Sources
http://www.aful.org/politique/perou/rescon-fr.html

http://dona.ferentes.free.fr


Les logiciels libres existent parce que c'est un bon moyen de gagner honnetement sa vie.

Il y a aussi les logiciels qui deviennent libres parce qu'ils n'ont pas pu s'insérer sur le marché pour une raison ou une autre.

Ils sont aussi l'oeuvre de bidouilleurs qui s'amusent à faire du sport cérébral en créant, améliorant, adaptant des logiciels sans pour autant accepter de se faire piller leur travail.

Pensons aussi aux bénévoles qui contribuent à la diversité du monde des techniques de l'information et de la communication: y a t'il beaucoup d'associations de consommateurs qui vont jusqu'à faire concurrence à un puissant monopole dans un domaine quelconque?


Pourquoi utiliser les logiciels libres ?



Pas seulement parce que l'utilisateur a la liberté d'exécuter, de copier, de distribuer, d'étudier, de modifier et d'améliorer tout logiciel dit libre, c'est à dire pas seulement à code source ouvert, ni forcément gratuit.




§01

Habituellement, surtout pour les administrations et les entreprises, l'économie directement financière qui peut être réalisée par l'emploi de logiciels libres peut être considérée comme relativement négligeable. L'important ce sont les garanties fondamentales, telles que :


Libre accès à l'information :

L'utilisation de formats standards et ouverts permet de garantir ce libre accès, et d'obtenir, si nécessaire, la création de logiciels libres compatibles. C'est pour cela qu'il est préférable de n'être pas lié à un fournisseur unique et cachottier.


Pérennité des données :

Il est indispensable que l'utilisation et le maintien du logiciel ne dépendent pas de la bonne volonté des fournisseurs, ni des conditions de monopole imposées par ceux-ci.

La disponibilité du code source garanti la disponibilité des données.


Sécurité :

Les systèmes dont le code source est librement accessible permettent leur examen par l'État, les citoyens, tous les experts du monde, sans, justement, accéder aux saisies confidentielles.

Il y a un plus de sécurité, puisque la publication du code source élimine le nombre croissant de programmes contenant potentiellement du code espion, et que toute faille de sécurité peut être traitée dès sa découverte.



§02

La technologie de l'information et des communications a un impact significatif sur la qualité de vie des citoyens.

Cet impact n'est pas toujours positif ou neutre d'effet.



Dans une démocratie, quand l'État intervient dans le choix d'un type de logiciels, cela devrait se limiter à son emploi au sein des institutions de l'État, avec pour objectif au moins les garanties fondamentales énumérées ci-dessus.

Il ne devrait s'immiscer en aucune manière dans les transactions du secteur privé, veiller uniquement à y garantir le libre choix du consommateur correctement informé, et ne pas décider à sa place quel est son intérêt, surtout dans un domaine où l'intérêt n'est pas que financier.

Faire des exceptions à ces grands principes n'a fait qu'entrainer des effets pervers forts regrettables et coûteux.


§03

Le plus petit producteur de logiciel, voire l'amateur, doit pouvoir rivaliser avec la plus puissante des entreprises.




La plus puissante des entreprises tente, depuis des années, d'instaurer un droit de créer en Europe, en contradiction avec les grandes idées de suppression des droits de douane et de libération de la circulation des personnes, des biens et des idées.

Cela a surtout fait les affaires de cabinets d'avocats et gêné la diffusion de logiciels objets d'un litige, but de la manoeuvre.



§04

Le fait que de puissantes sociétés produisent des logiciels laisse supposer la qualité et le suivi de leurs productions.




En fait, ces puissantes sociétés se bornent à produire sans aucune garantie, ni organiser le moindre suivi sur le terrain.

Les entreprises de maintenance arborant le label d'un prestigieux producteur de logiciels en restent complètement indépendantes, et n'impliquent aucune responsabilité de la part de qui les a autorisé à porter leur nom.

Dans d'innombrables cas, l'unique solution proposée aux problèmes soulevés par les utilisateurs est: "mettez à jour vos logiciels vers la nouvelle version''.

De plus, les interruptions arbitraires d'assistance technique sur des produits, jugés "anciens" par le fournisseur, sont communes.

Ensuite, pour obtenir une quelconque assistance technique, l'utilisateur est contraint de migrer (avec un coût non négligeable, en particulier lorsque la migration implique des changements de matériels) vers de nouvelles versions.

Et comme toute l'infrastructure est consolidée par des formats de données propriétaires, l'utilisateur reste "captif" de la nécessité de continuer à employer les produits du même fournisseur, à moins de consentir un énorme effort pour passer à un autre environnement.


Le foisonnement des logiciels libres, pratiquement tous «portables», c'est à dire utilisables sous n'importe quel environnement sans trop de difficulté d'adaptation, arrive à tempérer ces exigences, et est peut-être l'origine de quelques assouplissements prenant en compte la demande des consommateurs.



§05

Le logiciel libre crée des emplois techniquement plus qualifiés n'importe où dans le monde.


Le logiciel libre génère un cadre pour la libre concurrence où le succès n'est limité que par la capacité d'offrir du bon support technique et de la qualité de service, il stimule le marché et maintiennent chez eux des techniciens qualifiés que les multinationales de l'informatique non libre tendent à reléguer à des tâches peu gratifiantes en délocalisant leur production là où la main d'oeuvre qualifiée est moins coûteuse. Cette main d'oeuvre sera beaucoup plus utile et mieux valorisée en travaillant pour elle même et son entourage.

Les emplois générés par le logiciel propriétaire concernent majoritairement des tâches de faible valeur ajoutée.

Notamment, les techniciens qui offrent du support au logiciel propriétaire produit par des entreprises transnationales ne sont pas en mesure de corriger un bug, pas nécessairement faute de capacité technique ou de talent, mais parce qu'ils ne disposent pas du code source.






§06

Les producteurs de logiciels propriétaires soutiennent que beaucoup de logiciels utilisés par nos administrations, nos entreprises et les particuliers ont été copiés illégalement.


Bruno Bellamy

Il a été aussi soutenu que ce trop séduisant piratage était aussi leur meilleur moyen de promotion, contribuant à mettre ces utilisateurs sous leur dépendance.

Si ces derniers migraient vers les logiciels libres, on peut penser que les pertes de revenus de ces producteurs, en termes de facturation de licences, ne seraient pas très graves.

De nombreuses entreprises traditionnellement associées au logiciel propriétaire font d'importants investissements pour offrir des services associés au logiciel libre, ce qui démontre que les modèles ne sont pas mutuellement exclusifs.

À l'utilisateur de bonne foi de ne pas se tromper, d'où nécessité d'exiger que l'information soit faite avant la vente de tout logiciel, au lieu d'être dissimulée.





§07

Ils soutiennent aussi que l'utilisation de logiciel à code source ouvert entraîne des dangers pour la sécurité, la garantie et des violations des droits de propriété intellectuelle de tiers.


Sécurité: Aucun logiciel (propriétaire ou libre) n'échappe à des erreurs de programmation, (ou "bugs").

Mais les bugs dans le logiciel libre sont moins nombreux, car réparés bien plus rapidement, que dans le logiciel propriétaire.

Reste à prouver que le logiciel propriétaire est plus sûr que le libre: aucun examen détaillé, public et ouvert n'a été fait, d'autant plus que, dans de nombreux cas, les conditions de la licence incluent des clauses de "Non Dévoilement'' qui interdisent aux utilisateurs de révéler ouvertement les failles de sécurité découvertes dans le produit propriétaire sous licence.


Les garanties du logiciel propriétaire: les programmes sont livrés «as is» [tel quel], ce qui veut dire dans l'état dans lequel ils se trouvent, sans aucune responsabilité additionnelle pour le fournisseur concernant sa fonctionnalité. Cela ne diffère aucunement du logiciel libre, sauf que ces derniers prennent systématiquement en compte les défauts qui leur sont signalés, ou que vous pourriez vous mêmes contribuer à les améliorer.


Propriété intellectuelle: logiciel libre ne veut pas dire ignorance des lois. La grande majorité du logiciel libre est couverte par le copyright.

L'incorporation de la propriété intellectuelle d'autrui dans des travaux que l'on s'attribue n'est pas une pratique courante des contributeurs de logiciels libres (quel intérêt?).

Par contre c'est LE producteur de logiciel propriétaire qui s'est fait prendre à ce jeux de violation de la propriété intellectuelle.




§08

Ils soutiennent aussi que l'économie due à des logiciels que l'on peut copier librement est illusoire.


Ils ont fait faire une étude, non vérifiée, selon laquelle le coût d'acquisition du logiciel propriétaire (système d'exploitation et applications) ne représente que 8% du coût total que les entreprises et les institutions doivent assumer pour une utilisation rationnelle et réellement bénéfique de la technologie. Les autres 92% sont constitués des coûts d'installation, de déploiement, de support, de maintenance, d'administration et d'indisponibilité.

Encore une fois, ce n'est pas ce qui importe forcément le plus, même si pour un particulier la proportion peut atteindre 25%, les 75% restants représentant uniquement le matériel, qui reste à installer et à entretenir.





Ce qui importe, c'est aussi de respecter ses propres conditions, et pour commencer ne pas les dissimuler pour induire l'acquéreur en erreur.




§09

La migration vers les logiciels libres implique des coûts élevés.


Raison de plus pour se dépêcher de changer.

Plus le temps passe et plus la migration vers une autre technologie sera difficile.

Mais la migration vers un environnement de logiciel libre n'implique pas plus de coûts que celle entre deux environnements distincts de logiciel propriétaire, ce qui s'est même déjà produit avec certaines versions successives du même producteur.

D'autre part, cela peut se faire en douceur avec les logiciels libres inter opérables.

Diverses sociétés privées, comme différentes administrations, sans avoir eu à changer d'environnement, ont migré sans difficulté notamment vers des suites bureautiques libres, faisant économiser des milliers d'euros aux investisseurs et aux contribuables: ce n'est qu'un petit pourcentage, mais sur des sommes énormes.


§10

L'utilisation du logiciel libre fait perdre leurs droits de propriété intellectuelle et leur principale source de revenus aux programmeurs de logiciels


Voilà qui est erroné.

D'un côté, sauf à y renoncer formellement, aucun auteur de logiciel libre ne perd ses droits de propriété intellectuelle en autorisant notamment la copie et la modification de logiciels qu'il a lui même emprunté à d'autres auteurs avec leur accord.

De l'autre, seul l'employeur des programmeurs bénéficie des droits de propriété intellectuelle, ces programmeurs peuvent êtres salariés au tarif du pays emergent où ils travaillent, et même le bénéficiaire des droits peut voir ce bénéfice réduit à néant si son logiciel remporte trop de succès: voir, entre autres, les affaires Internet Explorer et Media Player intégrés à Windows.



§11

Le marché de cession des droits sous forme de vente de licence est le seul possible pour l'industrie informatique.


Si ce marché de cession de droits ne représente que 8%, les 92% restant étant les coûts d'installation, de déploiement, de support, de maintenance, d'administration et d'indisponibilité dans nos entreprises et administrations, il est clair qu'il y a intérêt à développer les services, plus que la cession de droits déclarée si secondaire, sans nécessairement l'exclure.

Les incitations à la formation de personnels qualifiés ayant une expérience du logiciel libre à grande échelle permettront aux techniciens nationaux de se placer à un niveau très compétitif sur le marché du travail international.

Reste à améliorer cette formation.

L'implantation de logiciels libres dans les écoles ne consiste pas à suspendre le budget logiciel et en échange à leur envoyer un CD ROM contenant du logiciel libre. Cela ne peut qu'échouer comme a échoué la distribution d'ordinateurs «nationaux» dans les écoles et comme continuent à échouer les laboratoires scolaires qui utilisent des logiciels, propriétaires ou non, sans disposer d'un budget pour la formation, l'installation et la maintenance. Il faut que le citoyen sache dès l'école ce que c'est que l'informatique, autrement que sous la forme du mode d'emploi d'un gadget.



En conclusion:

le logiciel libre est condamné à être parfait.


Dans l'état actuel des choses, nos décideurs, publics ou privés, défendent leurs actions en étalant le budget qu'ils y consacrent.

Le citoyen tend à avoir la même mentalité.

Par conséquent, si son ordinateur ou le parc informatique dont il est responsable ne fonctionnent pas bien, ce n'est pas faute d'avoir fait installer les logiciels les plus réputés, compte tenu de ce qu'ils coûtent.

Par contre, le coupable est tout trouvé si c'est lui qui a décidé de ne pas faire comme tout le monde en mettant du logiciel libre.

Or, ces logiciels gagnent quand même du terrain.

Alors, ou nous avons des décideurs à vocation de martyrs et des particuliers masochistes, ou ces logiciels ont vraiment un plus qui fait qu'on les préfere.